"… goûter la saveur sans cesse à l’indéfini renouvelée de l’eau sur les pores de la peau. A l'encontre du sens un peu trop alimentaire du goût, que l'on ne peut ni ralentir ni retenir, qui n'est pas réversible, et dépend si goulûment de la plénitude d’une poche ! la peau est un admirable organe étendu, mince et subtil; et le seul qui puisse, pour ainsi dire, jouir de son organe jumeau: d'autres peaux, d'un grain égal ou différent, d'une tactilité, d'un dépoli sensible… Le regard seul a cet immédiat dans la réponse…, mais voir est si différent d'être vu; cependant que toucher est le même geste qu'être touché ; cependant les poètes et grands imaginaires, si féconds en échanges d'âmes à travers les prunelles, à travers des mots et la voix, à travers des moments spasmodiques si grossièrement réglés par la physiologie, — les poètes ont peu chanté l'immédiat et le charme et la jouissance de la peau, de la peau." Annotation d’Oriane (crayon de papier HB): il me semble avoir déjà lu quelque chose d’équivalent chez Marc Hodges, peut-être dans « Mon sexe et moi…». Il faudra que je vérifie mais les auteurs se copient tellement les uns les autres !… Ce court texte me fait aussi penser très fortement aux écrits de Jean-Luc & Titi PARANT sur le regard et le toucher. Aurait-il lu Segalen lui aussi ? Cependant il est bien davantage dans l’obsessionnel… En ce qui me concerne ma démarche d'écriture est plus simple: je n'écris presque rien et copie presque tout. Avantage de la clarté.
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